La pire journée du voyage...
Nous nous réveillons de bonne heure car aujourd'hui, nous partons en excursion organisée dans un parc national ! Malheureusement, cette journée se révèle être un fiasco du début à la fin. Y’a des jours comme ça, on ferait mieux de rester bien au frais dans sa chambre d'hôtel climatisée...
Nous faisons la connaissance de Caroline et Tahir, une Hollandaise et une Israélienne qui feront l'excursion avec nous. C'est le seul point positif de la journée !
Arnaque à l'excursion
Lorsque nous arrivons au parc national, on nous demander de payer pour aller voir la réserve de singes, visite qui était censée être inclue dans le prix de notre ticket. Ça commence très fort.
À deux doigts de nous paumer dans la jungle...
Ensuite, le guide nous lâche sur un parking et nous dit d’y aller, de nous débrouiller toutes seules. Mmmh génial. On a donc payé une fortune à nous quatre pour une prestation similaire à celle d'un taxi. Trop bien. Du coup, on manque de se perdre plusieurs fois, les fameux signes qui devaient se trouver sur la route n’existant pas…
Un parc national bétonné, on aura tout vu !
Toute la première moitié de la route qu’il faut emprunter pour évoluer dans le parc national est... recouverte de béton ! Incroyable... On voit même les Vietnamiennes effectuer la balade en chaussures à talon (ça me rappelle quelqu’un ! :p) Pour le côté nature sauvage, on repassera…
Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille
Pour couronner le tout, il se met à pleuvoir.
Avec Nathalie, nous sommes assez remontées, mais ce n’est rien par rapport à Caroline qui entre dans une rage folle et qui prévoit d’ores et déjà de faire un scandale en rentrant à l’agence.
L'accident
On réussi à arriver à la fin du parcours. On retrouve notre driver et on monte dans la voiture pour prendre le chemin du retour. Soudain, Caroline se met à crier « Stop, stop ! ». Elle est comme possédée et on se demande ce qui se passe encore…
- Toute cette partie du texte sera entièrement non illustrée ! -
Une Vietnamienne est étendue au milieu de la route sous la pluie. Elle vient de tomber du scooter sur lequel elle circulait avec son mari. Un attroupement s’est formé autour d’elle. Ce qui est étrange, c'est que les gens l’observent mais personne n’agit. Il n’y a pas de sang mais elle n’a pas l’air bien. Elle ne parle pas, elle regarde le monde qui l’entoure d’un air ébahi et a beaucoup de mal à rester éveillée. On demande si les secours ont été appelés. On nous répond affirmativement, mais nous comprendrons plus tard qu’en réalité, personne ne les a contactés. Nous faisons du mieux que nous pouvons, on lui passe nos manteaux pour la protéger de la pluie, on essaye de surélever sa tête, on masse ses tempes avec du baume du tigre histoire d’essayer de la réchauffer un peu et on fait comprendre à son mari qu’il faut la maintenir éveillée. On fait ce qui nous semble être bien pour elle, sans savoir si c’est la façon dont il faut agir. Je n’ai jamais passé mon brevet de secourisme et ce jour-là, je m’en mords les doigts. C’est désespérant de voir quelqu’un qui a besoin d’aide et de se sentir démunie, de ne pas savoir quoi faire… On attend en vain des secours qui ne viennent pas (forcément…) et puis tout d’un coup notre chauffeur nous dit que son mari veut que nous l’emmenions à l’hôpital. Ni une, ni deux, la pauvre est brassée dans tous les sens et se retrouve allongée tant bien que mal sur la banquette de notre 4X4.
L’hôpital est situé à une quinzaine de kilomètres, mais impossible de circuler rapidement en raison du mauvais état de la route. La piste est extrêmement mauvaise, pleine de trous et de bosse. La voiture est secouée par les cahots. Cette décision pourrait tout bonnement tuer la jeune femme, mais nous n’avons pas vraiment le choix. Nous arrivons dans un hôpital désert. C’est à nous de chercher une civière et de porter la jeune femme jusqu’au cinquième étage sans ascenseur bien sûr. Elle a beau être minuscule et toute légère (à la mode Vietnamienne !), nous avons du mal à porter cette charge à nous 4 + le chauffeur + le mari.
On nous dit de la déposer dans une chambre. On pénètre dans la pièce. C’est sombre, ça sent la maladie et une légère odeur de nourriture flotte dans l’air. Sept « lits » sont occupés. En réalité, il s’agit plus de blocs de bois durs comme la pierre, recouverts d’une paillasse. Derrière chaque lit, un meuble avec de la vaisselle et parfois de la nourriture. Et oui, au Vietnam, lorsque vous séjournez à l'hôpital, c’est à vos proches de vous amener à manger.
Une infirmière arrive enfin. Elle se contente de prendre la tension de la jeune femme. Aucun examen complémentaire. Nous sortons de la pièce un peu sous le choc, laissant son mari avec elle. Nous ne pouvons plus rien faire d’autre.
Le comble, c’est lorsque nous sortons de l’hôpital, un homme vient nous demander de l’argent parce que le 4X4 était stationné sur le parking de l’hôpital.
Nous demandons à notre guide pourquoi, pourquoi ce manque d’initiative ? Il nous explique que les gens ont peur d'agir et qu'ici, au Vietnam, c’est un peu chacun pour soi.
Le retour se fait en silence, chacune étant plongée dans ses pensées. Je ne peux m’empêcher de me demander si nous n’avons pas aggravé son cas en la transportant dans de telles conditions. Je m'interroge aussi sur ce qu’il pourrait bien advenir si l’une de nous deux avait un accident au Vietnam. Est-ce que quelqu’un se risquerait à appeler les secours pour deux farengs telles que nous ?
Après cette épisode, plus personne ne songe à râler pour le « fiasco excursion au parc national ». Cette mésaventure aura eu le mérite de nous faire relativiser.
Pourtant, nous ne sommes pas au bout de nos aventures du jour...
À suivre...