Ennuis et bus de nuit, volume 2
Après cette journée plutôt épique, chargées de nos gros sacs, nous nous dirigeons vers l’hôtel où nous devons prendre notre bus. On patiente en mangeant un morceau, mais le temps est long. Le bus a deux heures de retard. Je m’endors à moitié sur la table. Soudain l’employé avec qui nous avions booké les billets la veille s’adresse à un couple qui attendait en même temps que nous : « c’est votre bus ». Comment ça « c’est votre bus » ? Et nous alors ? Pas un regard, ni le moindre mot à notre attention. On le questionne. « Ah vous ? Non, vous n’êtes pas prévues dans ce bus ». J’ai bien envie de l’étriper sur place ! Ça fait plus de trois heures que nous patientons. Il a eu tout le loisir de nous voir. Qu’est-ce qu’on aurait bien pu venir faire d’autre dans son hôtel miteux, chargée comme des bourriques, à part attendre le bus ??? Et pourquoi hier il nous a affirmé que tout était OK ??? Nous lui lançons un regard haineux, mais pas de temps à perdre en discussions inutiles. Le bus est au bout de la rue, il ne va pas nous attendre. On n'a rien à perdre alors je glisse à Nathalie : « Prends ton sac, on y va ». J’entends l’employé râler. Il veut nous empêcher de bouger. C'est la meilleure... On se met à courir.
Nous arrivons essoufflées au bus (vous avez essayé de courir avec 15 kilos sur le dos vous ?!). Évidemment, ils ne veulent pas de nous. Le chauffeur appelle l’hôtel, la compagnie… Il s'énerve en Vietnamien. L'employé de l'hôtel vient même essayer d'ajouter son grain de sel. La situation devient grotesque. Pourtant, hors de question de rester une nuit de plus à Ninh Binh. Cette ville nous a assez porté la poisse et en plus on est très juste niveau timing. Alors par sécurité, je garde un pied au sol et l'autre fermement posé sur la première marche du bus dans le plus pur style « essayez un peu de me dégager de là pour voir … ». Au bout de longues, trèèèès longues minutes de discussion intensives, ils acceptent de nous laisser monter. Miracle ! On nous désigne d'un signe de tête les deux derniers sièges vacants. Dans le bus, tout le monde nous matte. Paye ton entrée. J’ai l’impression d’être un sans-papier qui essaye de s’incruster à la garden party de l’Elysée.
Le pire dans cette histoire, c’est que personne d’autre ne montera dans le bus après nous. Je me demande encore pourquoi un tel scandale…
Astuce bus de night :
Nathalie a eu la présence d’esprit de nous faire prendre nos duvets/sacs à viande. Quelle excellente idée, car contrairement aux autres passagers, nous n’avions pas de couverture sur nos sièges-lits, et avec notre arrivée fracassante, je me voyais mal aller demander quoique ce soit. Mais de manière générale, c'est un réflexe à adopter, je ne vous raconte pas l'état des couvertures qui sont nettoyées une fois tous les quatre matins...
